

Marie Fonterme
Marie Fonterme

Mon travail artistique se développe à travers plusieurs univers plastiques que je mène simultanément et que je réunis pour créer des œuvres singulières. Ces univers en apparence différents, sont reliés par une même intention : révéler ce que l'on ne regarde plus, ce qui est jugé négligeable, invisible ou sans valeur et en faire émerger la beauté, la force et la poésie.
Depuis plus de 10 ans, l'iris humain est au cœur de ma recherche. Un rayon de soleil révélant les reliefs de mon propre iris a été le point de départ de cette exploration. Fascinée par les reliefs que je découvre, j’ai choisi de les sublimer en agrandissant démesurément l’infiniment petit pour offrir à son propriétaire la redécouverte d’un trésor intime, souvent ignoré et à percevoir en son cœur un reflet de l’univers. L’iris devient un microcosme, un astre, un territoire vivant où se rencontrent la nature, la lumière et le cosmos. Je porte maintenant une attention constante au détail qui transforme le regard et invite à une autre manière de percevoir le monde. Aujourd’hui, « je vois des yeux partout », dans la nature comme dans les objets quotidiens.
Parallèlement, je travaille à partir d'éléments issus du monde animal notamment des arêtes et des têtes de poisson. Ces fragments, souvent perçus comme des déchets, deviennent la matière première de masques fantastiques. Recouverts de bleu Klein et d'or ils quittent leur statut de restes organiques pour accéder à une dimension symbolique presque sacrée et mythologique. Je cherche à faire ressentir au spectateur la richesse de l’architecture du vivant : ses réseaux, ses trames, ses rythmes invisibles.
La dentelle de carton constitue un autre axe essentiel de ma démarche. Découpée et ajourée, elle évoque tour à tour le végétal, le minéral et l'organique. Elle me permet de créer objets décoratifs poétiques, aériens, mais aussi de concevoir des supports singuliers pour la présentation de mes œuvres. Ces supports, issus de matériaux obsolètes, prolongent ma réflexion sur le cycle la réutilisation et la persistance des formes.
En donnant une nouvelle vie à tous ces éléments, mon travail questionne notre rapport à la matière, à l'évolution et à la transformation. Il invite le spectateur à ralentir, à observer et à redécouvrir la beauté enfouie dans l'invisible, le fragile et le rejeté.